L’ABEILLE COMME NOUVEL INDICATEUR DE RICHESSE


Concentration d’histoires et de géographies, accumulation d’anecdotes de butinages, le miel rend perceptible l’invisible de la ville. Il condense du temps et des espaces urbains, résultat d’une diversité végétale, animale et humaine au sein d’un territoire « si commun » à tous qu’il se donne à manger. Il devient le butin commun à partager, la monnaie d’échange. Aussi, passant du butinage au butin, l’abeille devenue nouvel indicateur de richesse rend visible les flux monétaires dématérialisés qui régissent désormais l’économie mondiale.

D'autre part, le niveau de production de miel et le taux de mortalité des abeilles nous donnent des indications sur le degré de richesse ou de pauvreté des espaces butinables. Ces indications nous permettent de lire en plein (miel) ou en creux (disparition des abeilles) la densité, l’intensité et la diversité des ressources sauvages de n’importe quel écosystème.

Au-delà de la production de miel, c’est le « service de pollinisation » lui-même qui constitue la plus-value réelle créée par la présence d’une ruche. Il devient alors nécessaire de créer de la pollinisation là où il n’y en a pas et ce par l’intermédiaire de la Banque du miel, qui permettrait de multiplier des unités de production transhumantes.

Plutôt qu’une économie de la mort c’est bien une «révolution du vivant» qui est engagée.

NAISSANCE D'UNE NOUVELLE SPHÈRE ÉCONOMIQUE MELLIFÈRE


La Banque du miel est une installation informative, éducative, productive et nomade. Nomade dans le sens de réutilisable, transmissible, adaptable et transhumante.
Avec pour but de créer une circulation de richesses dont le principe serait de transformer l’argent d’humain en argent d’abeille, la Banque du miel a d’autres finalités que celle de travailler à sa rentabilité. Elle est envisagée comme un outil artistique et financier préférant produire de la richesse et du collectif plutôt que de l’argent et de la solitude.
La Banque du miel ne crée pas de monnaie, n’octroie pas de crédit, mais produit de la valeur par la création de flux monétaires d’abeilles et en générant une mission mondiale de « pollinisation ». Cette banque devient un outil de réappropriation des valeurs dans une économie réelle, celle de la ruche, en investissant sur des valeurs sûres comme le soleil, le ciel, les fleurs, en respectant la patience des saisons.


DES COMPTOIRS
DE POLLINISATION


Sur les trottoirs des villes, des dispositifs abritant des abeilles deviennent les comptoirs de pollinisation pour la flore et les esprits de la Banque du miel. Par la mise en oeuvre d’interventions publiques collectives tels que les «partages de butins», la Banque du miel devient dans l’espace public un dispositif de curiosité invitant sous les abeilles, des individus, des questions et du temps.